Partager l'article ! Courage...Fuyons !: C’est une tentation ancienne à laquelle, sous la Vème République, la droite parlementaire a rarement su résister. ...
| Mai 2012 | ||||||||||
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C’est une tentation ancienne à laquelle, sous la Vème République, la droite parlementaire a rarement su résister.
De Chaban Delmas, inspiré par Simon Nora et Jacques Delors, lançant la Nouvelle société à Jacques Chirac vantant les mérites d’un
« travaillisme à la française », en un temps ou le travaillisme britannique ne relevait certainement pas du libéralisme social de Tony Blair mais bien du radicalisme postmarxiste des
« Trade unions », de Chirac encore fustigeant la fracture sociale à Laurent Wauquiez qui récemment prenait les accents d’Olivier Besancenot pour se faire l’accusateur public du groupe
Total, ils sont légions à n’avoir eu pour seule ligne directrice que celle qui co
nsiste à
faire une politique de gauche avec les voix de droite qui les avaient élus.
On reconnaîtra, en revanche, à Nicolas Sarkozy le mérite de n’avoir entraîné seulement dans les filets de l’« ouverture » des hommes de gauche par avance décidés à appliquer une politique de droite, c'est-à-dire l’exact contraire des affligeants comportements que nous citions plus haut.
Reste le cas emblématique de Dominique de Villepin. Depuis quelques semaines, l’ancien Premier ministre multiplie les chroniques, les
interviews, les tribunes, pour dénoncer la politique du Président de la République. Il le fait sans doute pour exister, il le fait sans doute pour ne pas sombrer dans les fossés de la
rubrique « faits divers » dans lesquels l’a entraîné l’affaire Clearstream, il le fait sans doute par détestation de Nicolas Sarkozy.
Il n’en reste pas moins vrai que l’on tombe toujours du coté où l’on penche. De son discours prononcé au siège de l’ONU contre l’intervention en Irak, à sa prise de position erronée et
caricaturale contre la pleine réintégration de la France dans l’Otan, au nom d’un gaullisme halluciné, en passant par le bouclier fiscal et les décisions anticrise prises par Sarkozy,
Villepin et ses amis ne cessent de harceler le gouvernement, tentant d’occuper un créneau qu’ils espèrent rassembleur au cas où une fenêtre de tir viendrait à s’ouvrir avant l’élection
présidentielle de 2012 faisant ainsi une fois de plus le jeu de la gauche. Celui quie, 1997, fut le brillantissime artisan de la dissolution qui devait donner les clés de Matignon à Jospin sait
ne pas se tromper d’ennemi.
Parmi les « amis » de Dominique de Villepin, François Goulard n’est pas le moins emblématique s’il n’est pas non plus le plus brillant. Ses diatribes enflammées contre le retour de notre pays dans les structures décisionnaires de l’Otan ne l’ont certes pas conduit à mêler sa voix à celles de la gauche en refusant la responsabilité à François Fillon. N’écoutant que son courage, comme l’achéo-souverainiste Jacques Myard, Goulard s’abstenu. Mais il y a des abstentions qui en disent long sur l’état réel de la majorité.
Dans un an les élections régionales constitueront un test pour la droite. Dans trois ans, l’élection présidentielle sera décisive tant
il est vrai que la France ne pourrait surmonter une nouvelle expérience socialiste qui se déroulerait inévitablement sous la pression de l’extrême gauche et des syndicats
révolutionnaires.
Pour gagner ces élections, la droite doit être unie et rassemblée. Le débat est utile. La chienlit ne l’est pas. Les fauteurs de troubles internes à la majorité doivent savoir que rien ne leur
sera passé. Il est urgent de leur faire savoir qu’aucune investiture ne sera donnée à ceux qui refusent la confiance au Gouvernement et que des candidats plus dignes leur seront opposés le moment
venu.
La cohérence de la politique des réformes est à ce prix.
Jean-Paul Lévy